Études de cas · Gros œuvre
Ouvrir un mur, créer une trémie : deux études de structure à Paris 16e
Un mur à pans de bois dans un immeuble du XIXe siècle, une dalle béton à percer pour un escalier : deux reprises de structure dans le 16e arrondissement, du diagnostic sur place aux contrôles de fin de pose.
Ces deux dossiers ont été suivis par IA RENOV, la société qui porte Archi Renov. Les études sont celles d’un bureau d’études structure partenaire ; les travaux sont exécutés par des entreprises partenaires, contractées directement par le client.

01La méthode
Deux bâtiments que tout oppose, une même méthode
D’un côté du bois de plus d’un siècle, de l’autre du béton armé et de l’acier. Dans les deux cas, la question est la même : par où passent les charges aujourd’hui, et par où passeront-elles une fois l’ouverture faite ?
La réponse suit toujours le même fil : diagnostic sur place, hypothèses de calcul, solutions comparées, détails d’exécution, puis contrôles. C’est ce fil que nous pilotons pour le client, du premier relevé à la réception.
02Dossier 1
Ouvrir un mur à pans de bois dans un immeuble du XIXe siècle
- Bâtiment
- Immeuble R+3 du XIXe siècle, sans sous-sol, combles sous toiture
- Structure
- Murs en maçonnerie et pans de bois, planchers sur poutres en bois
- Élément
- Mur intérieur en montants de bois, à ouvrir
- Lieu
- Paris 16e


Le diagnostic
Sur place, aucun élément de contreventement en diagonale n’a été relevé. Au vu des sections mesurées, le mur ne pouvait pas être classé comme porteur.
Mais un bâtiment de cet âge travaille : au fil des décennies, certains montants ont pu reprendre une partie des charges des étages. Le mur a donc été traité comme semi-porteur, et l’ouverture conçue en conséquence.
Les solutions comparées
Deux options ont été étudiées : une poutre acier seule, ou un portique complet. Dans un immeuble ancien à ossature bois, l’intervention est délicate ; le portique a été retenu parce qu’il descend les charges jusqu’au plancher au lieu de les reporter sur des montants dont la résistance réelle reste incertaine.
La solution retenue
Une poutre IPE180 franchit la nouvelle ouverture et repose sur deux poteaux IPE160, assemblés par quatre boulons M12. En tête, une cale en acier et un matage au mortier assurent le contact avec la structure existante, sur 2,65 m de hauteur sous plafond.
En pied, chaque poteau est soudé à une platine de 10 mm (400 × 250 mm) posée sur mortier, qui répartit les charges sur le plancher.


Reprise des charges
Le portique reprend les charges au-dessus de l’ouverture et les transmet au plancher par ses platines.
Les contrôles
Dimensions et détails vérifiés contre l’étude, avant, pendant et après la pose.
03Dossier 2
Percer une dalle béton pour relier sous-sol et rez-de-chaussée
- Bâtiment
- Immeuble R+5, façades en maçonnerie, poteaux et poutres mixtes acier-béton à l’intérieur
- Plancher
- Dalle continue en béton armé de 22 cm, sur un sous-sol à dallage de 12 cm
- Projet
- Trémie de 3,50 × 3,20 m pour un escalier entre sous-sol et rez-de-chaussée
- Lieu
- Paris 16e
Le diagnostic
La dalle du plancher haut du sous-sol est en béton armé, en bon état. Elle porte dans le sens transversal, entre le mur de façade et une poutre mixte intermédiaire.
La difficulté tient à la taille de l’ouverture : 3,50 × 3,20 m, avec des charges et des portées importantes à redistribuer une fois la dalle découpée.

La solution retenue
Un cadre en charpente métallique borde la trémie. Il s’appuie d’un côté sur la poutre mixte existante, de l’autre sur un poteau béton existant, et descend au sol par de nouveaux poteaux métalliques posés sur leurs propres semelles en béton armé.
Les assemblages sont dessinés au millimètre : cornières soudées sous la poutre existante, platines d’about, tiges M12 scellées chimiquement dans le poteau béton.


Reprise des charges
Les charges passent par le cadre métallique, puis au sol par les nouvelles fondations.
Points de vigilance
La méthode de découpe du plancher et l’exécution des assemblages, sous étaiement.
Les contrôles
Dimensions et détails vérifiés contre l’étude à chaque étape.
04À retenir
Ce que ces deux chantiers ont en commun
Le diagnostic décide
Sur le premier dossier, le relevé a montré un mur sans contreventement mais vieilli sous charge : c’est ce constat, pas un plan, qui a fixé le niveau de renfort.
L’étude avant le devis
Le bureau d’études structure partenaire dimensionne la solution et dessine les détails. Les entreprises chiffrent ensuite sur cette base, ce qui rend leurs devis comparables.
L’étaiement fait partie du chantier
Étais sous les planchers pendant la découpe, mise en charge par calage : ces étapes provisoires sont prévues dans l’étude, pas improvisées sur place.
Le contrôle ferme la boucle
Avant, pendant et après la pose, les dimensions et les assemblages sont vérifiés contre les plans d’exécution.
Dans un immeuble en copropriété, toute intervention sur la structure passe aussi par l’accord de l’assemblée générale : le dossier d’étude sert de pièce justificative. Pour aller plus loin, voir notre page gros œuvre et extension, la méthode de travail ou nos rénovations dans le 16e arrondissement.